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Paul Helbronner (1871-1938)

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Ses courses en montagne lui permettent de s’initier aux éblouissants spectacles des Alpes et c’est au cours d’une de ses escapades qu’il rencontre Joseph et Henri Vallot, savants de grande renommée, à l’observatoire des Bosses.

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Le Pelvoux – Aquarelle de Paul Helbronner

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L’arête Helbonner

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1922 Paul Helbronner au Pelvoux

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Mont-Blanc depuis le Tour par Paul Helbronner

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La Pointe Helbonner, l’arrivée des remontées mécaniques

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Pointe Helbronner, le point de vue panoramique

    Autrefois appelée aiguille de Saussure, en hommage au savant genevois qui, le premier, a eu le courage de passer, en juillet 1788, 17 jours au col du Géant (3 356 m), la Pointe Helbronner se détache sur l’arête à 3 462 mètres d’altitude, à mi-chemin entre Mont-Blanc et Grandes Jorasses.

    C’est cette modeste pointe que choisit Paul Helbronner (1871-1938) pour y installer un signal géodésique et c’est le nom d’Helbronner qui sera finalement retenu pour désigner ce sommet : un juste retour, une juste récompense pour ce grand cartographe amateur qui consacre sa vie, ainsi que sa fortune, à l’étude géodésique des Alpes, du Léman à la Corse !

    Né à Compiègne le 24 avril 1871 d’une famille exilée de riches Alsaciens francophones, Paul Helbronner perd son père à l‘âge de 9 ans. Après des études à Polytechnique et à l’Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie de Fontainebleau, il peut prétendre au grade de Lieutenant d’Artillerie. Sa route semble tracée.

    Mais c’est sans compter sa passion : la montagne qu’il va désormais arpenter, du Tyrol à la Méditerranée. Certes, cette passion n’aurait sans doute pas été possible sans une immense fortune personnelle : celle de sa propre famille d’une part et celle de la famille Fould, d’autre part, propriétaire d’un complexe sidérurgique. En épousant l’héritière, Hélène Fould, Paul Helbronner devient administrateur de l’usine et peut désormais s’adonner à l’alpinisme tout à loisir.

    Ses courses en montagne lui permettent de s’initier aux éblouissants spectacles des Alpes et c’est au cours d’une de ses escapades qu’il rencontre Joseph et Henri Vallot, savants de grande renommée, à l’observatoire des Bosses. Dans les veines de ce polytechnicien de bonne famille comme dans celles des Vallot, coule sans doute du « sang de conquistador ». Paul Helbronner et Henri Vallot vont désormais associer leurs savoirs et leurs savoir-faire.

    À l’observatoire des Bosses, Joseph et Henri Vallot ont entamé un travail de cartographie du massif du Mont-blanc. Pour réaliser leur triangulation et leurs visées trigonométriques, ils ont besoin de « signaux » disposés sur des sommets ou des pointes stratégiques déterminées. Paul Helbronner participe à la construction de ces signaux selon les instructions d’Henri Vallot. Il apprend auprès de lui les rudiments de la visée trigonométrique grâce au matériel qu’il lui fournit et grâce à son nouveau matériel photographique notablement modernisé. En 1889, il passe une semaine à l’observatoire des Bosses en sa compagnie, ce qui lui permettra de mettre en place le Signal Helbronner, rebaptisé plus tard Pointe Helbronner par le topographe suisse Louis Kurtz.

    Le polytechnicien, amateur en géodésie, comptera un nombre inouï d’heures à viser, observer, photographier, dessiner les aiguilles et les glaciers. 270 panoramas-photos, plus de 15 000 photos stéréos, d’immenses panneaux dessinés et un fabuleux 360° peint du sommet du Mont-Blanc : tel est le fruit des années de travail d’Helbronner !

    Certes, sa fortune personnelle lui permet de se consacrer entièrement à ce « grand-œuvre ». Mais le résultat est grandiose : sa Description géométrique détaillée des Alpes françaises se présente sous forme de 12 volumes d’environ 600 pages pesant chacun de 5 à 12 kilos. Il y décrit son propre parcours en montagne et publie l’essentiel de ses aquarelles et photos lesquelles constitueront, pour la postérité, une documentation paysagère et glaciologue sans pareille. S’attachant à la description géodésique des Alpes, ces douze énormes volumes sont publiés sur une période allant de 1910 à 1934. On y trouve croquis, dessins et photos des différents sommets alpins. On y trouve aussi quelque 270 panoramas photographiques de toute beauté et un nombre impressionnant de 15 000 clichés stéréos.

    Enfin, dessinateur et aquarelliste de talent, il peint de longs panneaux – certains allant jusqu’à 6 mètres de longueur – représentant différents points de vue depuis les sommets des Alpes françaises et, notamment, un magnifique panorama à 360° depuis le sommet du Mont-Blanc.

    Pour l’anecdote, Paul Helbronner se montre favorable, en 1920, sur proposition du Conseil Général de Haute-Savoie, au changement de nom du département « Haute-Savoie » en « Mont-Blanc » avec l’aval du Club Alpin Français de Paris. Mais la décision est finalement ajournée…