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James David Forbes (1809-1868)

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Forbes… le nom est bien connu des Chamoniards avec le Signal Forbes, point culminant de la randonnée Montenvers-Plan de l’Aiguille, ainsi que l’arête Forbes à l’aiguille du Chardonnet, magnifique itinéraire de haute montagne.

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Auguste Balmat (1808-1862)

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Bandes de Forbes de la Mer de Glace.

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Arête Forbes à l’aiguille du Chardonnet.

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Forbes mesurant la profondeur d’une crevasse.

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Passage aménagé pour les excursionnistes en contrebas du Signal Forbes.

    Forbes… le nom est bien connu des Chamoniards avec le Signal Forbes, point culminant de la randonnée Montenvers-Plan de l’Aiguille, ainsi que l’arête Forbes à l’aiguille du Chardonnet, magnifique itinéraire de haute montagne. Glaciologue, Forbes a prêté également son nom à ces curieux chevrons que dessine la Mer de Glace entre le passage des Séracs et le Montenvers. Pour bien les distinguer, il faut prendre un peu de hauteur, et l’on voit ainsi le glacier étirer ses bandes alternativement claires et foncées. À peu près horizontales et parallèles au début, elles s’incurvent de plus en plus vers le centre, formant de drôles d’écailles sur le dos du « dragon ».

    Forbes (1809-1868) : Premier membre honoraire de l’Alpine Club, il ne figure donc pas parmi les pionniers de l’alpinisme britannique.

    Pourtant, cet homme de science et grand alpiniste est souvent désigné comme le De Saussure anglais. Il vient pour la première fois en 1832, à l’occasion d’une visite à Courmayeur et au Grand St Bernard. Puis, lors d’une excursion à la Mer de Glace, il retrouve une échelle qui aurait été abandonnée par de Saussure, quarante-quatre ans plus tôt, au Col du Géant. Il fait le calcul : la glace qui a transporté l’outil avance d’environ cent mètres par an !

    Il consacre alors ses études aux mouvements du glacier qu’il observe, avec beaucoup de soin et infiniment de patience, à hauteur du Montenvers. Son guide fidèle, ami et souvent assistant, Auguste Balmat, l’accompagne partout, se chargeant même des relevés en son absence, été comme hiver. Ces observations attentives permettent à Forbes de publier, en 1842, une carte des glaciers du Mont-Blanc, puis, l’année suivante, un ouvrage : « Travels through the Alps of Savoy », consacré, notamment, aux comptes-rendus de ses différentes expéditions et dans lequel il mentionne soigneusement les résultats des mesures effectuées sur place.

    Entre 1844 et 1845, il revient sur la Mer de Glace pour une série d’observations d’une durée de 15 mois, observations portant essentiellement sur la vitesse de déplacement du glacier ! Cette étude, ainsi que celles qu’il fera sur d’autres glaciers, sont décrites dans un deuxième ouvrage, publié en 1859 : « Mémoire sur la théorie des glaciers ». Sa théorie sur le mouvement des glaciers s’apparente à celle des fluides visqueux : la vitesse d’écoulement de tels fluides maintenus dans un canal est, dans un plan horizontal, plus importante au centre que sur les bords, et, dans un plan vertical, plus faible à l’intérieur qu’en surface, ceci en raison des forces de frottement sur les parois du canal.

    À une époque où le mystère des glaciers reste encore entier pour la population, Forbes fait figure de « magicien », prédisant que le glacier des Bossons rendrait ses victimes dans un délai de 35 à 40 ans. Ce sont les disparus de la fameuse catastrophe Hamel au Grand Plateau en 1820, parmi lesquels les guides Pierre-Joseph Balmat, Jean-Marie-Auguste Tairraz et Pierre Carrier. L’histoire donnera raison au savant, les corps étant retrouvés au fond du glacier des Bossons 41 ans plus tard.

    Scientifique à part entière, Forbes ne vit que pour la science, ses expériences et leurs résultats. Mais ses voyages fréquents dans les Alpes – et à Chamonix en particulier – et ses séjours prolongés sur les glaciers où les conditions sont souvent plus que spartiates auront bientôt raison de sa santé. Il vient pour la dernière fois à Chamonix en 1850 et déclarera bientôt :« Mon cœur restera là où mon corps n’a plus la force de se rendre. »