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Joseph Tairraz des Bois

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Mes souvenirs d’enfance

Depuis l’arrivée du train à Chamonix en 1900, les hôtels sont sortis de terre comme des champignons. Pour faciliter ces constructions, deux équipes de tailleurs de pierre sont venues d’Italie, se sont installées aux Bois et à longueur de journée taillaient dans les blocs de granit des moraines pour en faire des encadrements de portes et fenêtres, marches d’escaliers, moëllons d’angle, etc.

 

Photo ci-dessus : En 1988, Joseph Tairraz, doyen de la Compagnie des Guides, accueille Sylviane Tavernier, 1ère femme à entrer à la Compagnie.

 

Diaporama de l’article

    (Mes souvenirs d’enfance, suite)

    L’une des équipes avait loué la vieille maison Bozon, actuellement l’entreprise Serge Montant, préparait ses repas elle-même et, tous ensemble mangeaient dans la même cuisine. Il leur arrivait le samedi soir après le repas de chanter des chœurs italiens ; quelle merveille pour nos jeunes oreilles et je me vois encore, avec mes camarades, agrippés au grillage de la fenêtre, jusqu’à ce que la dernière voix se soit tue.

    À partir de 1900, la construction de la voie ferrée s’est continuée sur Vallorcine et parmi les nombreux ouvriers, un chef d’équipe nommé Ribote avait loué pour lui et sa famille un appartement dans la villa Bossonney. Il possédait un merle vraiment extraordinaire puisque ce dernier, à certains moments de la journée, sifflait l’air du refrain de la Marseillaise. Comment l’avait-il appris ? Mystère ! Toujours est-il que nous, les petits gamins de 4 et 5 ans, après nous être fatigués à nos jeux favoris, l’un d’eux disait : « Et si on allait écouter le merle à la Ribote ? » Et je vois encore tout le petit groupe au pied des murs de la villa, la tête tournée vers la cage pendue à la fenêtre de la cuisine, attendant que le merle républicain veuille bien siffler son refrain favori, ceci pour la joie de tous.

    Jh Tairraz

    Les Bois – Août 1996