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John Tyndall (1820-1893)

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Physicien irlandais, John Tyndall (1820-1893) est professeur à l’Institution Royale de Londres, excellent alpiniste et doté d’une très grande endurance et d’une volonté à toute épreuve.

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John Tyndall (1820-1893)

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Impressionnant, le glacier des Bossons en 1835 (par Mottu)

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Glacier des Bois par Bourrit

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Glacier des Bois par Albanis Beaumont

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Mer de Glace par Albanis Beaumont

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Auguste Balmat (1808-1862)

    Irlandais, professeur à l’Institution Royale de Londres, le physicien John Tyndall (1820-1893) est aussi un excellent alpiniste et un homme doté d’une très grande endurance et d’une volonté à toute épreuve.

    Sa présence à Chamonix n’est pas le fait du hasard car ce grand savant a en tête de multiples expériences à réaliser et autant d’observations à noter.

    Il accomplit un première fois l’ascension du Mont-Blanc en août 1857, orientant ses recherches sur la structure des glaciers, mais aussi la pureté et la couleur du ciel ou encore la limpidité biologique de l’air. Pour cette ascension, il se fait accompagner lui-aussi par Auguste Balmat, lequel restera un précieux collaborateur.

    L’année suivante, il réitère son exploit au Mont-Blanc, avec le projet d’installer au sommet une « antenne » météorologique. Auguste Balmat l’accompagne de nouveau, et se charge de planter dans la calotte glaciaire le piquet métallique nécessaire. Le froid, le mauvais temps et la nuit les contraignent à redescendre au plus vite, ce qui n’évitera pas au guide de très graves gelures aux mains.

    Il revient une nouvelle fois l’année suivante, en août 1859 pour gravir le sommet du Mont-Blanc avec son confrère, le Dr Frauckland, l’abbé Veuillet, deux guides et six porteurs. Leur projet – assez fou en ce milieu du XIXe – consiste à passer une nuit au sommet afin de réaliser leurs expériences, notamment sur le rayonnement du soleil au lever du jour, l’abbé Veuillet expérimentant de son côté. Les nuages et le vent viennent perturber leur projet et leur nuit ne sera pas des plus confortables. Ils parviennent néanmoins à installer six points de mesure entre la Montagne de la Côte et le sommet. Cette première nuit, soit plus de vingt heures, à la cime du Mont-Blanc reste un exploit pour l’époque !

    Enfin, le professeur Tyndall revient à Chamonix en décembre de la même année dans le but de réaliser une étude sur les mouvements de la Mer de Glace en hiver. Les résultats en seront publiés dans une relation : The glaciers of the Alps.

    Extraits :

    « (…) Après plus de cinq heures d’une marche très laborieuse, nous atteignîmes le Montenvert. Je l’avais bien souvent vu avec plaisir. Souvent, après avoir passé la journée seul au milieu des séracs du col du Géant j’étais revenu en contournant le promontoire de Trélaporte, et la vue du petit hôtel avait ranimé mes forces pendant ma descente sur le glacier. Je songeais, en approchant, aux aimables visages et au bon accueil qui m’y attendaient. Aujourd’hui encore, sa vue m’était agréable, malgré le triste aspect des lieux. En tournoyant autour de l’auberge, le vent avait enlevé ses talus de neige, qui s’étaient entassés jusqu’au toit des hangars voisins. Le plancher de la chambre dans laquelle j’avais logé en 1857 était couvert de neige sur laquelle on voyait la trace fraîche des pas d’un petit animal.

    (…) Le glacier excita l’admiration de tous. Non plus rétréci, souillé de traînées boueuses et fumant au soleil comme pendant l’été, il étalait ses muscles puissants, ses masses compactes, unissant la force à la beauté. Tantôt il était pur et uni, tantôt hérissé de hautes crêtes, abruptes et tranchantes. Les torrents gelés du versant montagneux opposé s’étageaient en terrasses successives, soutenues par des colonnes de glace cannelées. On n’entendait aucun bruit d’eau courante ; même le Nant Blanc, qui jaillit d’une source indiquée comme permanente pendant l’hiver, ne donnait aucun signe d’existence. Du Montenvert à Trélaporte, la Mer de glace était dans l’ombre ; mais la lumière du soleil traversant le corridor du Géant s’étendait sur la partie supérieure du glacier, frappait la base de l’aiguille du Moine et illuminait la montagne jusqu’à sa cime. De l’autre côté de la vallée, le puissant cône de l’aiguille du Dru faisait flotter au vent une longue traînée de poussière neigeuse, qui lui donnait l’apparence d’une immense bannière.

    (…) Pendant l’après-midi, mes hommes avaient été occupés à faire un essai préliminaire sur le glacier pendant que je préparais mes instruments. (…) La nuit venue, je plaçai au milieu de la neige, à quelque distance de la maison, une chaise sur laquelle j’installai un thermomètre enregistreur.

    (…) 28 décembre. À huit pieds du feu, la température était de 2° centigrades au-dessous de zéro, et au dehors de 11°. (…) Entre huit et neuf heures nous commençâmes l’installation de la première ligne de signaux, dont une extrémité était située à environ 100 mètres au-dessus de l’hôtel du Montenvert. Un sapin desséché, placé sur le versant opposé marquait l’autre extrémité. Les piquets à planter étaient longs de 4 pieds. (…) Là où le vent avait enlevé la neige, il fallait préalablement percer la glace avec une tarière. (…) Les hommes avançaient au milieu de crevasses cachées et devaient sonder à chaque pas. (…) De longs détours étaient parfois nécessaires pour arriver au point déterminé ; mais tous étaient aussi habiles que courageux, et ils réussirent à fixer onze piquets le long de la ligne, le plus distant desquels était environ à 80 mètres de la rive opposée du glacier.

    (…) Nous fûmes d’avis qu’une seconde ligne pouvait être tracée à une certaine distance au-dessous du Montenvers. Je descendis avec le théodolite, enfonçant quelquefois dans la neige jusqu’à la poitrine. (…) La seconde ligne présentait plus de difficultés que la première, le glacier étant interrompu par des cavités aux bords abrupts, remplis d’une grande quantité de neige. (…) Chacun des hommes connaissait ma bonne volonté pour agir, si les circonstances l’exigeaient, et tous travaillaient de grand cœur. (…)

    29 décembre. (…) Nous achevâmes de prendre nos mesures sur la première ligne avant onze heures, et j’éprouvais une vive satisfaction en pensant que je possédais quelque chose dont le temps ne pourrait me priver. Après avoir fermé mon livre de notes, et pendant que je transportais l’instrument à la seconde station, je sentis que mon expédition était déjà un succès. (…) Mes hommes ayant atteint la première station, le mesurage commença. La tempête balayait à nouveau la vallée, obscurcissant l’air sur son passage. La neige tombait à flocons pressés, mais je pus cependant, non sans peine il est vrai, suivre la marche des guides jusqu’à une distance de 800 mètres, malgré les rafales et les tourbillons.

    (…) Je ne saurais terminer cette relation sans dire un mot de mes guides et de mes porteurs, dont la conduite fut admirable et qui accomplirent leur difficile et dangereux travail avec le plus courageux élan. Je connaissais déjà Simond qui, par son intelligence et son affectueuse fidélité avait gagné toute mon estime. Joseph Tairraz est un excellent guide qui, dans cette occasion, fit preuve de toutes les qualités qui peuvent le recommander aux voyageurs. Leurs deux compagnons sur le glacier, Edouard Balmat et Joseph Simond, s’acquittèrent à merveille de leur tâche ainsi que François Ravanel, mon aide pendant les observations, et je suis heureux de pouvoir leur rendre ici ce bon témoignage. »