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La fabrique Simond des Bossons

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Au XIXe siècle, une bédière détourne l’eau de l’Arve vers une petite bâtisse construite en contrebas de la route. Sa force hydraulique fait fonctionner la forge d’Adolphe Simond où l’on fabrique des outils de paysan, serpes ou « béchards » ainsi que des clochettes pour les troupeaux.

Diaporama de l’article

    La fabrique de piolets

    De la forge paternelle, les deux frères Rodolphe et François Simond créeront, quelques années plus tard, deux fabriques différentes : la première se spécialisant dans les sonnettes des vaches et la deuxième dans le matériel de montagne.

    Les alpinistes anglais ont apporté avec eux un drôle d’outil, piolet antique, sorte de hachette qu’ils confient à leurs guides pour ouvrir le chemin à travers le dédale de séracs et de crevasses des grands glaciers. Plusieurs années et un peu d’expérience de la haute montagne transformeront cet outil de base et lui donneront sa forme traditionnelle : en 1890, François Simond, guide lui-même, décide de fabriquer la « piolette ». Crampons, luges et skis suivront.

    Son fils Claudius travaille à la forge dès 1925. L’électricité remplace la force hydraulique de la bédière, et les plaques d’acier arrivent en wagons marchandises à la gare, toute proche. Les piolets Simond, testés par les plus grands de la montagne, deviennent célèbres dans le monde entier.

    En 1960, Lüdger, fils de Claudius, prend à son tour la main, secondé par son frère Andéol. En 1988, l’atelier des Bossons devenant inadapté, c’est aux Houches que Claudius fait construire des locaux plus spacieux. Aujourd’hui, l’usine est installée aux Pèlerins d’en Haut.

    La fabrique de sonnettes

    Suivons les écoliers des Bossons lors de leur visite à la fabrique de sonnettes avec leur maître, Monsieur Désailloud. C’était en 1952.

    « La fabrique de sonnettes est établie au fond des Bossons, près du bord de l’Arve.Fondée vers 1860 par Adolphe Simond, père de Rodolphe Simond, c’était d’abord une forge fabriquant piolets et sonnettes.Depuis, ces deux fabrications se sont séparées et l’usine de piolets s’élève juste en face.

    En arrivant aux sonnettes, nous voyons un gros tuyau.Il amène l’eau sur la grande roue motrice qui produit l’électricité. À l’intérieur, des roues, des courroies, des poulies tournent sans arrêt.Aux murs, pendent de nombreux outils. Au centre de la forge, une emboutisseuse, un marteau pilon à air.Tout autour, des enclumes, des étaux, des boîtes contenant des sonnettes à braser ; devant une fenêtre, en tablier de cuir, des ouvriers travaillent.Le four s’ouvre à côté.

    Au 1er étage s’empilent, déjà coupées, des milliers de formes à plat : les futures sonnettes. La fabrication des sonnettes comprend 5 opérations principales :

    – Découpage de la tôle (tôle d’acier Martin de 0,3 mm, 3,5 mm, prix 80 F le Kg).

    – Emboutissage de la forme à l’emboutisseuse.

    – Fermeture et rivetage de la forme ; fabrication et pose du crochet pour le battant et la courroie.

    – Brasure : dans une coquille d’acier doux sont introduites, séparées par du charbon de bois, des sonnettes de plus en plus petites contenant chacune une quantité mesurée d’un alliage de cuivre et de zinc. Ces coquilles sont fermées d’un couvercle et lutées de terre glaise.Elles sont mises au four chauffé à 2000°.De temps en temps on les retourne pour que le cuivre fondu ferme bien tous les interstices.

    – Polissage : s’effectue à la meule pour les grosses sonnettes, dans un tonneau de gravier pour les petites.

    Les sonnettes : leur grosseur et leur timbre varient.Il y a 21 tailles – sans compter les petites breloques – du neuf zéro au n° douze.La fabrique fait également les grosses sonnettes suisses (goubons).

    Le prix de ces sonnettes varie entre trente et quatre mille francs.Dans notre vallée, chèvres, moutons et vaches en portent tous une, et cela fait de très jolis carillons.

     

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