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Michel Auguste Balmat (1810-1878) des Pèlerins

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Michel Auguste Balmat des Pèlerins (1810-1878) – Compagnie des Guides de Chamonix

19e ascension au mont Blanc (22 et 23 août 1837) : l’expédition commanditée par Atkins est dirigée par Michel Balmat accompagné de son petit chien.

L’article en images

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L’expédition à la Pierre à l’Echelle

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On aborde le glacier

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Au Petit Plateau

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Livre-souvenir des 200 ans de la Compagnie des Guides de Chamonix par David Ravanel et Joëlle Dartigue-Paccalet

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Livret descriptif d’Atkins

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Au sommet du mont-Blanc

    Michel Auguste Balmat des Pèlerins (1810-1878

    19e ascension au mont Blanc (22 et 23 août 1837) : une expédition commanditée par Atkins, dirigée par Michel Balmat accompagné de son petit chien.

    Cette dix-neuvième ascension au mont Blanc, et la première de l’année 1837, commence tièdement… En effet, le voyageur qui en fait la demande, Henry Martin Atkins, est un jeune homme d’à peine 19 ans, gentilhomme anglais venu se promener à Chamonix. Sans avoir jamais fait d’ascensions notables, il s’associe à deux compatriotes rencontrés fortuitement dans la vallée pour envisager une tentative au mont Blanc. Michel Balmat, jeune guide de 27 ans, est désigné guide-chef de cette expédition. Nous sommes en milieu de semaine, les guides ne sont pas contraints à la messe dominicale obligatoire. Pourtant, ils ne semblent guère pressés de partir… et, chose tout-à-fait inhabituelle, déclarent vouloir passer une journée en famille. En réalité, ils hésitent, réfléchissent et se souviennent des expériences malheureuses vécues avec des voyageurs trop fougueux ou trop néophytes. Julien Devouassoux, par exemple, faisait partie de la caravane Hamel ensevelie sous une avalanche. Il en est l’un des rares rescapés. De même, l’ascension du comte de Tilly, trois ans auparavant, s’est soldée par de nombreuses gelures aux pieds. On n’en garde pas le souvenir d’une aventure très heureuse, même si le sommet a été atteint. Et puis ce gentleman, Atkins, n’a jamais fait de course…

    De son côté, Atkins écrit voir les guides se regrouper en cercles étroits et parler à voix basse. Le guide-chef lui rend visite à l’hôtel de la Couronne, où il est descendu, afin de noter les noms des voyageurs qui prendront part à l’expédition en vue, de faire, dit-il, un rapport si une malheureuse circonstance se produisait. Ajoutant qu’en cas de décès, les corps engloutis dans les crevasses sont restitués dans un temps plus ou moins long en parfait état. Atkins se met au lit à 9 heures et s’interroge en lisant ces nombreux témoignages défavorables : pieds gelés, personnes décédées, raréfaction de l’air… Le lendemain, le réveil sonne à 4 heures, le temps est splendide, on se prépare.

    Dans l’ordre de marche, on trouve d’abord six porteurs qui ne feront pas le voyage intégralement. Suivent les dix guides encadrant Atkins et son compagnon de hasard, puis, fermant la marche, cinq ou six paysans volontaires. Chacun est équipé d’un long bâton. La caravane se met en marche.

    C’est arrivés près de la Pierre à l’Échelle que l’on remarque l’intrus, un petit chien. Atkins s’amuse, et les guides encore plus, par l’acrobate du groupe, le petit chien de Michel Balmat, le premier chien à monter au mont Blanc. Il est étonnant de voir ce petit animal escalader les rochers comme un chamois.

    Plus l’on monte plus les difficultés s’accroissent et le passage des crevasses impressionne notre voyageur qui marche entre Michel Balmat et David Folliguet. C’est la première fois que j’ai marché sur un glacier, je mets toute ma confiance sur votre main, dit Atkins en plantant ses souliers ferrés dans les pas de son guide. Nous pressons nos mains en amitié, lui répond Balmat.

    Au refuge des Grands Mulets, après une agréable soirée avec les chants des guides auxquels répondent ceux des voyageurs, la nuit est courte. Le lendemain matin, il fait beau et très froid. Je portais, écrit Atkins dans sa relation, une bonne paire de bas de laine d’agneau, deux paires de guêtres, deux pantalons de drap, deux chemises, deux gilets, un habit de chasse et, par-dessus tout cela, une redingote de cuir bleu, un bonnet de nuit, trois écharpes, deux paires de gants de laine et un chapeau de paille d’où tombait un capuchon vert. Pour la vue, j’avais une paire de lunettes vertes et un voile de gaze verte. »

    Comme toutes les ascensions au mont Blanc, celle-ci est difficile pour tous. L’altitude rend Couttet nonchalant et Folliguet n’arrive plus à tenir sa tête. Les uns traînent tandis que d’autres se sont couchés sur la neige. Les voyageurs doivent s’arrêter tous les dix pas pour reprendre haleine et reposer leurs jambes. Ils saignent du nez et sont gagnés par un sommeil intense et une soif brûlante qu’ils apaisent par une gorgée de vinaigre…

    Courage, Monsieur, nous arrivons ! crie Eugène Cupelin à Atkins. Enfin, à 10 heures 15 ce 23 août 1837, ils atteignent le sommet du mont Blanc, accompagnés évidemment du petit chien de Michel Balmat…

    Article paru dans le livre-souvenir des 200 ans de la Compagnie des Guides de Chamonix. David Ravanel et Joëlle Dartigue-Paccalet